La première semaine.

Je m’étais fais une montagne de l’accouchement. Je suis une chochotte et tout le monde m’avait dis que pour le premier c’est plutôt long. Et douloureux.

Finalement, je me suis étonnée. Quand la sage-femme m’a annoncé que j’allais rester pour la journée, parce que ma poche des eaux était fissurée, je n’ai même pas ressenti de stress. J’étais soulagée, enfin, ce petit garçon tant attendu allait arriver. On allait rencontrer notre fils. C’était une grande émotion.

Les douleurs des contractions ne sont apparues qu’au début de l’après-midi. Et j’ai soufflé pour les faire passer, comme j’avais appris en cours de préparation à l’accouchement. Finalement j’ai surmonté la douleur.

L’accouchement, ce n’est pas le plus dur. C’est la première semaine qui est véritablement une difficulté, une montagne, une lutte de tous les instants. Il y a eu la joie de la découverte. Les premiers regards, ses yeux grands ouverts, ses petites mains, les câlins, les regards du papa, l’amour qu’on lui porte.

J1 - 15 Aout 2

Mais cette semaine, cette première semaine avec lui, a aussi été ponctuée de longues heures de larmes, de découragement, de crises d’angoisse, de longues nuits sans dormir. Pendants plusieurs séances j’ai été préparée au travail, aux douleurs de l’accouchement. Mais le retour à la maison, la suite de couches, on en parle beaucoup moins.

Bien sur, comme toutes les jeunes nouvelles mamans, j’ai été avertie du risque du baby blues. Mais on ne t’explique pas que c’est traître, que ça peut te prendre un peu n’importe quand, que ça prendra différentes formes.

Le plus dur, c’est de se sentir totalement inutile. La première fois que j’ai ressenti ça, c’était à l’hôpital, quand j’ai passé ma première nuit toute seule avec mon fils. Il pleurait ce petit bébé, de toutes ses forces. Et je ne savais pas quoi faire, je me sentais perdue. Je n’avais pas la force, ni le courage de le prendre dans mes bras. Je ne comprenais pas pourquoi il pleurait, ni ce que je pouvais faire pour le soulager. J’étais épuisée et je n’arrivais pas à me raisonner.

Cette sensation, je l’ai ressentie plusieurs fois cette semaine. Il y a eu ce soir ou je n’ai pas pu m’arrêter de pleurer pendant plus d’une heure, je me sentais incapable. Parfois elle s’est doublée d’un rejet de mon fils. Je ne pouvais plus l’entendre pleurer, je ne pouvais plus le porter, je ne pouvais plus le prendre contre moi. Je me sentais trop nulle, trop fatiguée. Et j’avais l’impression de rendre ce petit garçon malheureux. J’avais l’impression qu’il ne se sentait pas bien avec moi, que quoique je fasse, il pleurait sans cesse.

On ne te prépare pas contre ces moments là. On ne te dit pas comment lutter, ni comment te raisonner. On t’explique seulement que c’est normal, que toutes les mamans en souffrent. Mais c’est tellement difficile. On ne t’explique pas comment comprendre les pleurs de ton bébé et que faire pour les calmer. Tu dois tout apprendre sur le tas, tu dois apprendre à le comprendre par toi même.

On ne te prépare pas non plus contre les crises d’angoisse de la nuit. Marie, de MamansTestent, a raison : la nuit tout prend des proportions de folies. Ma principale angoisse c’est la Mort Subite du Nourisson (MSN). C’est d’autant plus angoissant qu’on ne peut rien faire contre. Les premières nuits, j’ai très peu dormi. Les nuits à la maternité, je me réveillais tout le temps, au moindre bruit de mon petit. Et puis, il y’a eu les nuits de retour à la maison, ou ce petit bébé dormait dans sa chambre. Je n’arrivais pas à dormir avant le premier biberon de la nuit, comme ça j’étais sure qu’il n’était pas mort, qu’il respirait toujours.

On ne te prépare pas contre tous ces moments difficiles. Heureusement pour moi j’ai été bien entourée, à la fois par mon amoureux (qui heureusement pour moi était en vacances), mais aussi par les copains, ma famille et le personnel de l’hôpital. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai accouché un 15 Août mais on est tombé sur une super équipe de sages-femmes et de puéricultrices. Elles ont su prendre le temps de nous écouter, de nous conseiller, de répondre à toutes nos questions. C’était vraiment rassurant.

Alors oui, tout le monde a peur de l’accouchement, des piqures, de la douleur. Mais moi, Chochotte en chef, je vous l’assure, ce n’est pas le plus dur. Le plus dur c’est l’après. Heureusement, il y a les sourires qui se dessinent sur son petit visage, il y a ses petits doigts serrés autour des miens, ses petites jambes dans un pyjama, les câlins, les moments de calme et les gens qui le trouvent beau. Heureusement ça compense, ça te permet de relativiser, de voir le bon coté des choses.

Parfois dans les bons moments, je me sens bien. Et je le trouve mignon et je l’aime d’amour.

Parfois, dans les moments plus durs, je me sens seule et perdue. Mais heureusement, ce n’est pas le cas. Heureusement qu’on est deux ❤