Déjà trois mois.

Ça y est, ça fait déjà 12 semaines que tu es né. Le jeudi 14 Août, j’ai passé une journée entière à l’hôpital. Le ventre un peu noué par ton arrivée. Je raconterai tout ça bientôt.

Mais ça y’est, ça fait 12 semaines que tu partages nos vies. Tu auras trois mois samedi prochain. Trois mois déjà. Tu es mignon comme tout et en 12 semaines, tu as déjà beaucoup changé.

Tu tournes ta tête des deux cotés désormais. La séance chez l’osthéo t’aura fait du bien. Tu ouvres grands tes grands yeux tout le temps : tu aimes regarder les lumières, les images de la télé et tout ce qui bouge autour de toi. Tu peux passer au moins une heure tranquille à tout observer depuis ton tapis d’éveil. Tu aimes aussi te promener, tu restes bien sage et tu observes ce qui se passe aux alentours : on visite des tas de choses, les quartiers autour de la maison ou autour des chez tes grands-mères, les magasins divers du centre et même Ikea.

Tu bouges pas mal, dans tous les sens. Tu aimes aussi être sur le ventre. Tu lèves ta tête. Tu la tiens super bien maintenant.

Et surtout, surtout, tu souries ! Ton sourire me fait craquer. Je sais que tu essayes de draguer toutes les personnes qui tournent autour de toi. Tous ceux qu’on rencontre te trouvent beau. Et c’est vrai que ton sourire, ça remet la journée de qqn d’aplomb.

Tu as grandis désormais, on doit ranger toutes les fringues en un mois. Tu as plein de nouvelles tenues, plein de petites salopettes, qui te font ressembler à un vrai petit garçon. Tes cheveux par contre, ce n’est pas encore ça. Tu as de moins en moins de croutes de lait mais par contre tes cheveux n’ont aucune logique, ils sont dans tous les sens et y’a même un trou sans cheveux, à l’endroit ou tu poses ta tête.

Je suis tellement fière de tous les progrès que tu fais. Je me rends compte tous les jours comme tu évolues, comme tu grandis. Je suis toujours surprise que ça aille aussi vite. Je me rappelle encore de ta naissance, comme si c’était il y a une petite semaine. Et ça fait déjà trois mois.

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 Tu as déjà trois mois et je suis parfois perdue. Je me sens une mauvaise mère.

Tu as déjà trois mois et je n’arrive pas à profiter de toi assez. Je ne sens pas ce lien qui se crée entre nous, je ne te sens pas proche de moi. Tu es censé avoir besoin de moi, chercher ma voix et mon regard, avoir besoin de mes câlins, mais ce n’est pas le cas. Je sens que tu réagis quand ton papa rentre. Mais toi et moi c’est plus compliqué, et on rentre dans un cercle vicieux du coup je le sens.

Je doute, je doute, sur mon rôle de mère, sur notre lien à deux, sur ton besoin de moi pour aller mieux. Ce qui est sur, c’est que je ne doute pas de mon amour pour toi. C’est vrai, parfois, je suis perdue, je ne sais pas vraiment comment réagir face à tes pleurs, à tes besoins, à tes envies. Mais tu comptes beaucoup pour moi, ton arrivée a bouleversé ma vie et c’est chouette.

On va progresser, je te le promets, tout doucement. Tu vas apprendre à écouter ma voix. Parfois, elle est douce, je te chante des comptines, je te chante des chansons (de messe, d’Indochine, des Beatles). Parfois je crie. Je crie contre les objets, contre Papa aussi ou contre mes collègues et camarades.

On va apprendre à passer du temps tous les deux, aller faire des promenades, découvrir ton monde, notre monde à tous les trois. Effectivement, c’est vrai, je ne suis pas beaucoup à tes côtés. Mes cours & mon travail me prennent beaucoup de temps mais je vais essayer de te réserver du temps.

Je vais essayer aussi de prendre confiance. Je suis ta maman, mon amour pour toi est grand et fort. Et si tu ne le ressens pas encore, ça va venir, je le crois & je le sais. Quand je suis en cours, ou au travail, je pense beaucoup à toi. Je me demande ce que tu fais, comment tu occupes tes journées.

Sache Minimoyz, qu’avec ton papa vous représentez toute ma vie. Je n’ai jamais su bien dire les choses à l’oral, je ne sais pas vmt bien me dépatouiller avec les mots. Mais sache que sans toi, je serais d’une tristesse infinie. Je sais que je n’ai pas pris le temps de m’occuper de toi pendant toute la période qui m’était dédiée, mais c’était pour que lorsque tu seras plus grand, maman puisse pourvoir à tous tes besoins. ❤

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Vivement les trois prochains mois, qu’on puisse découvrir encore tous tes progrès, qu’on puisse profiter encore de tous tes sourires et te serrer dans nos bras. Je t’aime petit Minimoyz.

La culpabilité.

Il y a presque plus d’un an, avec l’amoureux nous avions choisi de faire un enfant.
Nous avons eu de la chance, je suis tombée très vite enceinte. Pendant 9 mois j’ai porté ce petit chat.
Déjà pendant la grossesse je me sentais différente des autres mères. Je ne me faisais pas à ce corps différent. J’ai eu très vite un gros ventre. Je ne réalisais pas qu’un bébé était en train de grandir à l’intérieur.
Je n’avais pas envie de parler à mon ventre – et d’ailleurs je ne l’ai quasiment jamais fais – et je n’aimais pas que d’autres le fassent. Ça me mettais clairement mal à l’aise.

Et puis le Minimoyz est né. Il était réel, je pouvais lui parler. Et pourtant je me sens toujours différente des autres. J’ai parfois l’impression de l’aimer mal.
Quand je vais travailler, ou en cours, il ne me manque pas vraiment. Je suis contente de le retrouver le soir, d’aller le chercher chez la nounou et de passer du tps avec lui. Mais durant la journée il ne me manque pas.
La séparation n’a pas été – trop – dure. Je suis peut être égoïste mais j’étais ravie de reprendre les cours, de commencer cette nouvelle vie.
Et puis le Minimoyz va partout avec nous. On le sort en soirée, on est partis en vacances à même pas 15 jours … Il voit des tonnes de gens différents tout le temps, se promène partout ! Et je sors avec mes copines, laissant mon petit garçon à son papa 🙂
Et je n’avais pas repéré son torticolis du nourrisson, c’est la nounou qui me l’a dis !

Je me sens parfois une vilaine mère. Quand je vois comment mes copines, les autres, fonctionnent, je me sens coupable.
J’ai l’impression de ne pas aimer assez mon fils.

Pourtant c’est loin d’être le cas. Quand je le récupère les lundis, jeudis et vendredis, c’est le top! On profite de notre heure rien qu’à deux. Même s’il est encore tout petit, il est déjà très éveillé! On fait parfois des balades, on fait des câlins, des sourires, des bulles. On passe du temps, pour se connaître.
Et puis la nuit, je m’inquiète pour sa respiration.
Et même si je suis ravie de mon taff, parfois je pense à lui. Je l’ai avec moi, trois photos sont sur mon bureau!

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Je sais que ses journées se passent bien parce que j’ai une grande confiance en la nounou que l’on a choisi. Je sais que mon Minimoyz sera bien entouré avec elle et qu’il grandira correctement.

Alors oui, les copines enceintes et jeunes mamans qui se multiplient (j’en ai 8 aujourd’hui, dont 7 ont accouche en 2014!), les mamans de Twitter me font parfois culpabiliser, me font parfois douter de mon rôle de mère. Mais je sais au fond de moi, que ce petit chat est trop important pour moi et que je l’aime d’amour ! 💕